Jermaine Jackson, le frère du célèbre du “King of Pop” rend hommage à la star, décédée en 2009. L’occasion aussi de répondre aux rumeurs et accusations qui ont jalonné l’impressionnante carrière de Michael.
Pourquoi avez-vous intitulé ce livre You Are not Alone, l’une des ballades les plus célèbres de votre frère ?
J’ai choisi ce titre pour montrer à quel point j’avais de l’amour pour lui, à quel point je me souciais de lui. Lorsque les médias racontaient des imbécillités, j’étais toujours celui qui intervenait pour éteindre le feu et défendre qui il était réellement. Des quantités de livres ont été écrits au sujet de notre famille au fil des années, et la plupart sont remplis de contrevérités. Dans le mien, je voulais raconter Michael vu par les yeux d’un frère. Je voulais aussi mettre un point final à toutes les allégations mensongères à son sujet. Et notamment les accusations de pédophilie qu’on a portées contre lui. Michael adorait les enfants, il ne leur a jamais fait de mal. Lors du procès du docteur Murray, il a d’ailleurs été rappelé qu’il projetait de construire le plus grand hôpital pour enfants au monde avec les recettes de ses concerts. Parfois je me dis que ce monde n’était pas fait pour quelqu’un comme mon frère. Il était trop bon pour ce monde pourri.
Quel est pour vous le principal mensonge qui circule à propos de votre famille ?
Que nous sommes une famille dysfonctionnelle, qu’on ne s’entend pas, tout ça pour essayer de nous diviser, de nous séparer, de nous faire dire des horreurs les uns sur les autres. Or ce que les gens ne comprennent souvent pas, c’est que nous venons d’une petite maison à Gary, dans l’Indiana, d’un petit foyer où nous étions très proches avant que nous nous installions tous à Hollywood. Et nous le sommes restés jusqu’à aujourd’hui en dépit des rumeurs. Nous avons régulièrement des journées consacrées à la famille, où nos enfants jouent ensemble, on part en vacances ensemble. Bizarrement, les médias n’ont jamais pris de photos dans ces moments-là. Or nous sommes d’abord et avant tout une famille. Pas un business.
Toutes les fratries ne deviennent pas l’un des plus grands groupes de tous les temps, les Jackson Five. Le succès n’a-t-il jamais créé de tensions entre vous ? Le succès n’a jamais créé de tensions, non. Pourquoi ?
Parce que la carrière solo de Michael aurait été impossible sans les Jackson Five. Gamins, nous avons bossé comme des fous pendant des années pour devenir un groupe comme les Temptations et toutes les icônes de la Motown. Et lorsque notre frère a rencontré le succès, c’était une récompense pour toute la famille. Si bien que lorsque des horreurs étaient racontées sur lui, elles me blessaient moi, elles blessaient tous nos frères et soeurs, elles blessaient nos parents autant que lui.
Avez-vous eu l’impression qu’il voulait se couper du monde en créant sa propriété gigantesque de Neverland ?
C’est encore une fausse information qui circule à son sujet. Neverland, il en a eu l’idée après être venu dans mon propre ranch avec Barry White. J’avais des chevaux, des cygnes, des oiseaux, des serpents,il adorait et il m’a dit un jour : “Je vais construire un lieu encore plus extraordinaire.” Et il l’a fait à sa manière, plus démesurée, avec un parc d’attractions car il adorait ça. Mais aussi avec les portes de ma propre demeure. Il les aimait ?Je les lui ai données.
En novembre dernier, le docteur Murray a été condamné à quatre ans de prison. Etes-vous satisfait du verdict ?
Le docteur Murray n’est qu’un acteur d’un système plus large. Le procès au civil en septembre apportera plus de réponses, j’espère, sur ce qui s’est réellement passé la nuit de la mort de Michael. Murray n’a pas agi seul, j’en suis sûr
Etes-vous proche des trois enfants de Michael ?
Nous les voyons le plus souvent possible, ils s’entendent bien avec mes enfants. S’ils veulent un jour travailler dans le business de la musique, je crois qu’ils ont suffisamment d’oncles et de tantes pour leur donner des conseils ! L’important, c’est qu’ils aient une bonne éducation, qu’ils deviennent de bonnes personnes.
En parlant de business, que pensez-vous des disques posthumes qui sortent depuis la mort de Michael ?
Sony, comme beaucoup de gens, a bien profité de mon frère, et j’aurais préféré que ces disques ne sortent pas car ils ne sont pas au niveau de ce que Michael produisait. Il faut bien comprendre que ce sont des décisions de ses exécuteurs testamentaires, pas de la famille. Ils ont mis leur signature en bas d’un chèque, mais ils ne comprennent pas la magie du nom Jackson.
Source : metrofrance.com